Orazio Puglisi

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Les grands mouvements de la musique

Image d’en-tête : Josef Danhauser, Liszt au piano (Liszt am Flügel), 1840, huile sur bois, Berlin, Alte Nationalgalerie (Wikimedia Commons, domaine public)

Les grands mouvements de la musique, du chant grégorien à nos jours

De la monodie sacrée du Moyen Âge aux musiques électroniques d’aujourd’hui, la musique occidentale a connu une succession de grands styles, chacun avec ses formes, ses instruments et ses génies. Voici, mouvement par mouvement, la grande chronologie de la musique savante, avec à chaque étape une œuvre à écouter, libre de droits. Pour les musiques des autres continents, voir Les musiques du monde.

La musique médiévale : chant grégorien et premières polyphonies (IXe-XIVe siècles)

Manuscrit de chant grégorien
Cantatorium de Saint-Gall (Cod. Sang. 359), vers 922-925, l’un des plus anciens manuscrits de chant grégorien noté en neumes, Saint-Gall, Stiftsbibliothek. (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Le chant grégorien, monodie latine de la liturgie, est fixé à l’époque carolingienne et noté sur des neumes. Vers 1030, Guido d’Arezzo invente la portée et le nom des notes (ut, ré, mi…). À Notre-Dame de Paris, Léonin et Pérotin créent l’organum à plusieurs voix ; au XIVe siècle, l’Ars nova de Philippe de Vitry et de Guillaume de Machaut invente une notation rythmique moderne. Les troubadours et trouvères chantent l’amour courtois ; Hildegarde de Bingen compose ses chants visionnaires.

Chant grégorien (Inritter, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

La Renaissance : l’âge d’or de la polyphonie (vers 1400-1600)

Les musiciens franco-flamands — Guillaume Dufay, Johannes Ockeghem, Josquin des Prés, Roland de Lassus — portent la polyphonie vocale à la perfection. À Rome, Giovanni Pierluigi da Palestrina compose la Messe du pape Marcel, modèle de clarté voulu par le concile de Trente ; en Espagne, Tomás Luis de Victoria ; en France, la chanson de Clément Janequin ; en Italie, le madrigal de Carlo Gesualdo et de Claudio Monteverdi. L’imprimerie musicale d’Ottaviano Petrucci (1501) diffuse les partitions dans toute l’Europe.

Palestrina, Messe du pape Marcel (extrait) (European Archive Music / Giovanni Pierluigi da Pal, Wikimedia Commons, CC0)

Le baroque (1600-1750)

Jean-Sébastien Bach
Elias Gottlob Haussmann, Portrait de Jean-Sébastien Bach, 1746, Leipzig, Stadtgeschichtliches Museum. (Wikimedia Commons, Public domain)

Vers 1600 naissent l’opéra — L’Orfeo de Monteverdi (1607) —, la basse continue et le style concertant. Le baroque aime le contraste, l’ornement et l’expression des passions : Jean-Baptiste Lully et Jean-Philippe Rameau à Versailles, Henry Purcell à Londres, Arcangelo Corelli et Antonio Vivaldi en Italie, Georg Friedrich Haendel et Jean-Sébastien Bach, dont la mort en 1750 clôt l’époque. Formes reines : concerto, suite, cantate, oratorio, fugue.

J.-S. Bach, Concerto brandebourgeois no 3 (Johann Sebastian Bach, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)

Le classicisme viennois (1750-1820)

Joseph Haydn
Thomas Hardy, Portrait de Joseph Haydn, 1791, Londres, Royal College of Music. (Wikimedia Commons, Public domain)

Clarté, équilibre et forme sonate : la symphonie, le quatuor à cordes, la sonate et le concerto pour piano s’épanouissent à Vienne avec Joseph Haydn, « père de la symphonie », Wolfgang Amadeus Mozart et le jeune Ludwig van Beethoven. Christoph Willibald Gluck réforme l’opéra. Le piano-forte remplace le clavecin.

Haydn, Symphonie no 94 « La Surprise » (Boston Symphony Orchestra

Serge Koussevitzky, Wikimedia Commons, Public domain)

Le romantisme (1820-1900)

Beethoven
Joseph Karl Stieler, Beethoven composant la Missa solemnis, 1820, Bonn, Beethoven-Haus. (Wikimedia Commons, Public domain)

Beethoven ouvre la voie : la musique exprime désormais le moi, la nature, le fantastique et la passion. Le lied de Franz Schubert et de Robert Schumann, le piano de Frédéric Chopin et de Franz Liszt, la symphonie fantastique d’Hector Berlioz, l’opéra de Giuseppe Verdi et le drame musical de Richard Wagner, puis Johannes Brahms, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Gustav Mahler et Richard Strauss dominent un siècle où le virtuose et le chef d’orchestre deviennent des héros.

Schubert, Symphonie no 8 « Inachevée » (extrait) (Franz Schubert, Wikimedia Commons, EEF OAL-1)

Les écoles nationales (vers 1850-1930)

Les peuples d’Europe affirment leur identité par la musique, en puisant dans le folklore : le Groupe des Cinq russe (Moussorgski, Rimski-Korsakov, Borodine…) après Mikhaïl Glinka ; Bedřich Smetana et Antonín Dvořák en Bohême ; Edvard Grieg en Norvège ; Jean Sibelius en Finlande ; Isaac Albéniz, Enrique Granados et Manuel de Falla en Espagne ; Béla Bartók et Zoltán Kodály en Hongrie.

Smetana, La Moldau (extrait) (Composer: Bedřich Smetana (see Musopen for author , Wikimedia Commons, Public domain)

L’impressionnisme musical (1890-1920)

Claude Debussy
Claude Debussy, photographie de l’atelier Nadar, 1908. (Wikimedia Commons, Public domain)

Claude Debussy, avec le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) et La Mer, puis Maurice Ravel, inventent un art de la couleur, de la suggestion et des timbres, proche des peintres impressionnistes et des poètes symbolistes. Erik Satie, avec ses Gymnopédies, ouvre la voie à une simplicité nouvelle.

Debussy, Prélude à l’après-midi d’un faune (enregistrement Columbia sur 78 tours, 1re face) (Claude Debussy, Wikimedia Commons, Public domain)

Le XXe siècle et la modernité (1900-2000)

Igor Stravinsky fait scandale avec Le Sacre du printemps (1913) ; Arnold Schönberg abandonne la tonalité et invente le dodécaphonisme, prolongé par Alban Berg et Anton Webern. Le néoclassicisme, le Groupe des Six (Francis Poulenc, Darius Milhaud, Arthur Honegger), Serge Prokofiev, Dmitri Chostakovitch, Olivier Messiaen, la musique concrète de Pierre Schaeffer, le sérialisme de Pierre Boulez et de Karlheinz Stockhausen, le minimalisme de Steve Reich et Philip Glass, la « sainte simplicité » d’Arvo Pärt : jamais la musique n’a été aussi diverse. Le jazz, né à La Nouvelle-Orléans, et le cinéma créent de nouveaux publics.

Satie, Gymnopédie no 1 (Robin Alciatore, Wikimedia Commons, Public domain)

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Voir aussi : les compositeurs du monde, par continent et par pays

Galerie

Hildegarde de Bingen
Hildegarde de Bingen reçoit l’inspiration divine, Scivias, XIIe siècle. (Wikimedia Commons, Public domain)
Palestrina
Giovanni Pierluigi da Palestrina, gravure. (Wikimedia Commons, Public domain)
Monteverdi
Bernardo Strozzi, Portrait de Claudio Monteverdi, vers 1630, Innsbruck, Tiroler Landesmuseum. (Wikimedia Commons, Public domain)
Mozart enfant
Mozart à six ans en habit de gala, portrait attribué à Pietro Antonio Lorenzoni, 1763, Salzbourg, Mozarteum (photographie Wellcome Collection). (Wikimedia Commons, CC BY 4.0)
Wagner
Richard Wagner, photographie de Franz Hanfstaengl, 1871. (Wikimedia Commons, Public domain)

À voir et à écouter

À télécharger (livres du domaine public, PDF)

  • Télécharger le PDF — Charles Villiers Stanford et Cecil Forsyth, A History of Music, New York, Macmillan, éd. 1920 (exemplaire de la Cornell University Library). (lire en ligne)

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