Image d’en-tête : Josef Danhauser, Liszt au piano (Liszt am Flügel), 1840, huile sur bois, Berlin, Alte Nationalgalerie (Wikimedia Commons, domaine public)
Les grands mouvements de la musique, du chant grégorien à nos jours
De la monodie sacrée du Moyen Âge aux musiques électroniques d’aujourd’hui, la musique occidentale a connu une succession de grands styles, chacun avec ses formes, ses instruments et ses génies. Voici, mouvement par mouvement, la grande chronologie de la musique savante, avec à chaque étape une œuvre à écouter, libre de droits. Pour les musiques des autres continents, voir Les musiques du monde.
La musique médiévale : chant grégorien et premières polyphonies (IXe-XIVe siècles)

Le chant grégorien, monodie latine de la liturgie, est fixé à l’époque carolingienne et noté sur des neumes. Vers 1030, Guido d’Arezzo invente la portée et le nom des notes (ut, ré, mi…). À Notre-Dame de Paris, Léonin et Pérotin créent l’organum à plusieurs voix ; au XIVe siècle, l’Ars nova de Philippe de Vitry et de Guillaume de Machaut invente une notation rythmique moderne. Les troubadours et trouvères chantent l’amour courtois ; Hildegarde de Bingen compose ses chants visionnaires.
La Renaissance : l’âge d’or de la polyphonie (vers 1400-1600)
Les musiciens franco-flamands — Guillaume Dufay, Johannes Ockeghem, Josquin des Prés, Roland de Lassus — portent la polyphonie vocale à la perfection. À Rome, Giovanni Pierluigi da Palestrina compose la Messe du pape Marcel, modèle de clarté voulu par le concile de Trente ; en Espagne, Tomás Luis de Victoria ; en France, la chanson de Clément Janequin ; en Italie, le madrigal de Carlo Gesualdo et de Claudio Monteverdi. L’imprimerie musicale d’Ottaviano Petrucci (1501) diffuse les partitions dans toute l’Europe.
Le baroque (1600-1750)

Vers 1600 naissent l’opéra — L’Orfeo de Monteverdi (1607) —, la basse continue et le style concertant. Le baroque aime le contraste, l’ornement et l’expression des passions : Jean-Baptiste Lully et Jean-Philippe Rameau à Versailles, Henry Purcell à Londres, Arcangelo Corelli et Antonio Vivaldi en Italie, Georg Friedrich Haendel et Jean-Sébastien Bach, dont la mort en 1750 clôt l’époque. Formes reines : concerto, suite, cantate, oratorio, fugue.
Le classicisme viennois (1750-1820)

Clarté, équilibre et forme sonate : la symphonie, le quatuor à cordes, la sonate et le concerto pour piano s’épanouissent à Vienne avec Joseph Haydn, « père de la symphonie », Wolfgang Amadeus Mozart et le jeune Ludwig van Beethoven. Christoph Willibald Gluck réforme l’opéra. Le piano-forte remplace le clavecin.
Serge Koussevitzky, Wikimedia Commons, Public domain)
Le romantisme (1820-1900)

Beethoven ouvre la voie : la musique exprime désormais le moi, la nature, le fantastique et la passion. Le lied de Franz Schubert et de Robert Schumann, le piano de Frédéric Chopin et de Franz Liszt, la symphonie fantastique d’Hector Berlioz, l’opéra de Giuseppe Verdi et le drame musical de Richard Wagner, puis Johannes Brahms, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Gustav Mahler et Richard Strauss dominent un siècle où le virtuose et le chef d’orchestre deviennent des héros.
Les écoles nationales (vers 1850-1930)
Les peuples d’Europe affirment leur identité par la musique, en puisant dans le folklore : le Groupe des Cinq russe (Moussorgski, Rimski-Korsakov, Borodine…) après Mikhaïl Glinka ; Bedřich Smetana et Antonín Dvořák en Bohême ; Edvard Grieg en Norvège ; Jean Sibelius en Finlande ; Isaac Albéniz, Enrique Granados et Manuel de Falla en Espagne ; Béla Bartók et Zoltán Kodály en Hongrie.
L’impressionnisme musical (1890-1920)

Claude Debussy, avec le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) et La Mer, puis Maurice Ravel, inventent un art de la couleur, de la suggestion et des timbres, proche des peintres impressionnistes et des poètes symbolistes. Erik Satie, avec ses Gymnopédies, ouvre la voie à une simplicité nouvelle.
Le XXe siècle et la modernité (1900-2000)
Igor Stravinsky fait scandale avec Le Sacre du printemps (1913) ; Arnold Schönberg abandonne la tonalité et invente le dodécaphonisme, prolongé par Alban Berg et Anton Webern. Le néoclassicisme, le Groupe des Six (Francis Poulenc, Darius Milhaud, Arthur Honegger), Serge Prokofiev, Dmitri Chostakovitch, Olivier Messiaen, la musique concrète de Pierre Schaeffer, le sérialisme de Pierre Boulez et de Karlheinz Stockhausen, le minimalisme de Steve Reich et Philip Glass, la « sainte simplicité » d’Arvo Pärt : jamais la musique n’a été aussi diverse. Le jazz, né à La Nouvelle-Orléans, et le cinéma créent de nouveaux publics.
Biographies des grands compositeurs : Monteverdi · Purcell · Vivaldi · Rameau · Bach · Haendel · Gluck · Haydn · Mozart · Beethoven · Rossini · Schubert · Berlioz · Mendelssohn · Chopin · Schumann · Liszt · Verdi · Wagner · Smetana · Brahms · Saint-Saëns · Moussorgski · Tchaïkovski · Dvořák · Grieg · Fauré · Puccini · Mahler · Debussy · Strauss · Satie · Rachmaninov · Ravel
Voir aussi : les compositeurs du monde, par continent et par pays
Galerie





À voir et à écouter
- Histoire de la musique classique en une heure (vidéos YouTube)
- Le chant grégorien (vidéos YouTube)
- Le Sacre du printemps de Stravinsky (vidéos YouTube)
À télécharger (livres du domaine public, PDF)
- Télécharger le PDF — Charles Villiers Stanford et Cecil Forsyth, A History of Music, New York, Macmillan, éd. 1920 (exemplaire de la Cornell University Library). (lire en ligne)
Pour aller plus loin en ligne
- Philharmonie de Paris — ressources et concerts en ligne
- IMSLP, partitions du domaine public
- Musopen, enregistrements libres de droits
Pour aller plus loin
- Jacques Chailley, Histoire musicale du Moyen Âge, PUF, 1950.
- Roland de Candé, Histoire universelle de la musique, Seuil, 1978.
- Brigitte et Jean Massin (dir.), Histoire de la musique occidentale, Fayard, 1985.
- Voir aussi Les 20 œuvres musicales les plus célèbres et Histoire de la Musique Classique.