Image d’en-tête : John Singer Sargent, Portrait de Gabriel Fauré, vers 1889, Paris, musée de la Musique (Wikimedia Commons, Public domain)
Gabriel Fauré (1845-1924), le maître du charme
Musicien de l’intimité, de la nuance et de la tendresse, Gabriel Fauré (1845-1924) est l’un des plus grands compositeurs français. Ses mélodies sur des poèmes de Verlaine, sa musique de chambre, sa Pavane, sa Sicilienne et son Requiem, qu’il voulait non pas terrifiant mais consolant — « une berceuse de la mort » —, ont un charme unique. Directeur du Conservatoire de Paris, il fut aussi le maître de Ravel et de Nadia Boulanger.

De Pamiers à l’École Niedermeyer (1845-1866)
Gabriel Urbain Fauré naît le 12 mai 1845 à Pamiers, dans l’Ariège, dernier des six enfants d’un directeur d’école normale. Enfant rêveur, il passe des heures à l’harmonium de la chapelle voisine. Remarqué, il est envoyé à neuf ans à Paris, à l’École Niedermeyer, qui forme les organistes et maîtres de chapelle. Il y reste onze ans. Son professeur de piano, Camille Saint-Saëns, de dix ans son aîné, lui fait découvrir Schumann, Liszt et Wagner ; il deviendra son ami de toute une vie.
L’organiste et le mélodiste (1866-1895)
Organiste à Rennes, puis, après la guerre de 1870 où il combat comme estafette, à Saint-Sulpice et à l’église de la Madeleine de Paris, Fauré mène une vie modeste de maître de chapelle et de professeur. Il fréquente les salons, notamment celui de Pauline Viardot, et compose des mélodies d’une rare perfection : Après un rêve, Les Berceaux, Clair de lune et le cycle La Bonne Chanson sur des poèmes de Paul Verlaine. Membre fondateur de la Société nationale de musique, il donne des chefs-d’œuvre de musique de chambre : la Première Sonate pour violon (1876), l’Élégie pour violoncelle, les quatuors avec piano. En 1887, il écrit la célèbre Pavane.
Le Requiem
Composé entre 1887 et 1890, après la mort de ses parents, le Requiem de Fauré se distingue de toute la tradition : il omet presque entièrement le terrible Dies irae du Jugement dernier et s’achève sur In paradisum, où les anges accueillent l’âme au paradis. « C’est ainsi que je ressens la mort, écrivait Fauré : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux. » Le Pie Jesu pour soprano solo est l’une des pages les plus pures de la musique sacrée.
Le directeur du Conservatoire (1896-1924)

Organiste titulaire de la Madeleine en 1896, Fauré succède la même année à Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris : il y forme Maurice Ravel, Charles Koechlin, Florent Schmitt, Georges Enesco et Nadia Boulanger. Il compose la musique de scène de Pelléas et Mélisande (1898), avec la délicate Sicilienne. En 1905, après le scandale provoqué par l’élimination de Ravel au prix de Rome, il devient directeur du Conservatoire, qu’il modernise profondément jusqu’en 1920. Atteint d’une surdité qui déforme les sons, il compose pourtant ses œuvres les plus hardies : l’opéra Pénélope (1913), les deux quintettes, le Trio et le Quatuor à cordes, achevé quelques semaines avant sa mort, à Paris, le 4 novembre 1924. Des funérailles nationales sont célébrées à la Madeleine, où l’on joue son Requiem.
Chronologie
- 1845 — naissance à Pamiers, le 12 mai
- 1854-1865 — élève de l’École Niedermeyer
- 1866 — organiste à Rennes
- 1871 — membre fondateur de la Société nationale de musique
- 1877 — maître de chapelle de la Madeleine ; Sonate pour violon no 1
- 1887 — Pavane ; début du Requiem
- 1892-1894 — La Bonne Chanson
- 1896 — organiste de la Madeleine ; professeur de composition au Conservatoire
- 1898 — Pelléas et Mélisande
- 1905 — directeur du Conservatoire de Paris
- 1913 — Pénélope
- 1920 — quitte la direction du Conservatoire
- 1924 — Quatuor à cordes ; mort à Paris, le 4 novembre
Œuvres majeures
- Requiem (1887-1900)
- Pavane, Élégie, Pelléas et Mélisande (avec la Sicilienne), Masques et bergamasques
- Une centaine de mélodies, dont Après un rêve, Clair de lune, La Bonne Chanson, L’Horizon chimérique
- Musique de chambre : 2 sonates pour violon, 2 pour violoncelle, 2 quatuors et 2 quintettes avec piano, Trio, Quatuor à cordes
- Piano : nocturnes, barcarolles, impromptus, Dolly à quatre mains
- L’opéra Pénélope (1913)
Galerie



À voir et à écouter
- Le Requiem de Fauré (vidéos YouTube)
- La Pavane (vidéos YouTube)
- Après un rêve (vidéos YouTube)
- La Sicilienne (vidéos YouTube)
À télécharger (livres du domaine public, PDF)
Pour aller plus loin en ligne
Pour aller plus loin
- Jean-Michel Nectoux, Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, Flammarion, 1990.
- Vladimir Jankélévitch, Fauré et l’inexprimable, Plon, 1974.
- Voir aussi Les grands mouvements de la musique, Les 20 œuvres musicales les plus célèbres, La Musique, Camille Saint-Saëns, Ravel, Debussy, La Musique française.