Image d’en-tête : Joseph Mallord William Turner, Staffa, la grotte de Fingal, 1832, New Haven, Yale Center for British Art : la grotte qui inspira à Mendelssohn l’ouverture Les Hébrides (Wikimedia Commons, Public domain)
Felix Mendelssohn (1809-1847), le Mozart du romantisme
Enfant prodige que l’on compara à Mozart, peintre, voyageur, chef d’orchestre et pédagogue, Felix Mendelssohn (1809-1847) fut le musicien le plus admiré de l’Europe de son temps. Auteur à seize ans de l’Octuor et à dix-sept de l’ouverture du Songe d’une nuit d’été, il a laissé le célèbre Concerto pour violon, les symphonies Écossaise et Italienne, l’ouverture Les Hébrides et la Marche nuptiale que l’on joue encore à tous les mariages. Il a aussi ressuscité la musique de Bach.

Une enfance dorée (1809-1825)
Jakob Ludwig Felix Mendelssohn naît le 3 février 1809 à Hambourg, petit-fils du grand philosophe des Lumières Moses Mendelssohn et fils d’un riche banquier, Abraham. La famille s’installe à Berlin en 1811 ; les enfants sont baptisés dans la religion luthérienne et le nom de Bartholdy est ajouté au patronyme. Felix reçoit une éducation exceptionnelle : langues anciennes, dessin, gymnastique, et la musique avec Carl Friedrich Zelter. Sa sœur aînée Fanny Mendelssohn, pianiste et compositrice de grand talent, sera sa confidente toute sa vie. À douze ans, il est présenté à Goethe, qui le reçoit plusieurs fois à Weimar. Le dimanche, un orchestre joue dans la maison familiale les symphonies que l’enfant compose.
Le génie précoce (1825-1829)
À seize ans, Mendelssohn compose l’Octuor à cordes (1825), chef-d’œuvre d’une maturité stupéfiante ; à dix-sept, l’ouverture du Songe d’une nuit d’été (1826), où les violons font scintiller les ailes des elfes de Shakespeare. Le 11 mars 1829, à vingt ans, il dirige à Berlin la Passion selon saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach, oubliée depuis la mort de son auteur : c’est le point de départ de la redécouverte de Bach, et de l’habitude, nouvelle alors, de jouer la musique du passé.
Le grand voyage (1829-1832)
De 1829 à 1832, Mendelssohn parcourt l’Europe. En Écosse, il visite les ruines du palais de Holyrood, où naît l’idée de la Symphonie écossaise, puis, malade du mal de mer, découvre dans l’île de Staffa la grotte de Fingal, qui lui inspire l’ouverture Les Hébrides. En Italie, éblouissement de lumière et de couleurs, il esquisse la Symphonie italienne. Excellent aquarelliste, il rapporte de ses voyages des centaines de dessins. À Paris, il rencontre Chopin et Liszt ; à Londres, où il fera dix séjours, il devient l’ami de la reine Victoria et du prince Albert.
Leipzig et le Gewandhaus (1835-1847)

En 1835, Mendelssohn devient chef de l’orchestre du Gewandhaus, qu’il hisse au premier rang en Europe : il y crée la Grande Symphonie de Schubert, retrouvée par Schumann, et fait découvrir les œuvres de Bach, de Haendel et de Beethoven. En 1837, il épouse Cécile Jeanrenaud, fille d’un pasteur huguenot de Francfort. En 1843, il fonde le conservatoire de Leipzig, le premier d’Allemagne. Il compose le Concerto pour violon en mi mineur (1844), pour son ami Ferdinand David, l’un des concertos les plus joués au monde, les Romances sans paroles pour piano et l’oratorio Elias (Birmingham, 1846).
Une mort précoce et un héritage menacé
Épuisé par le travail, Mendelssohn est anéanti par la mort subite de sa sœur Fanny, en mai 1847. Il compose en sa mémoire son bouleversant Quatuor à cordes en fa mineur, et meurt quelques mois plus tard à Leipzig, le 4 novembre 1847, à trente-huit ans, probablement d’une hémorragie cérébrale. Après sa mort, son origine juive lui valut l’hostilité de Wagner, puis la proscription de sa musique par le régime nazi, qui fit abattre sa statue devant le Gewandhaus de Leipzig en 1936. Sa musique, elle, n’a jamais cessé d’être aimée.
Chronologie
- 1809 — naissance à Hambourg, le 3 février
- 1811 — la famille s’installe à Berlin
- 1821 — rencontre avec Goethe
- 1825 — Octuor à cordes
- 1826 — ouverture du Songe d’une nuit d’été
- 1829 — résurrection de la Passion selon saint Matthieu ; voyage en Écosse
- 1830-1831 — voyage en Italie
- 1835 — chef du Gewandhaus de Leipzig
- 1837 — mariage avec Cécile Jeanrenaud
- 1842 — Symphonie écossaise ; musique de scène du Songe avec la Marche nuptiale
- 1843 — fonde le Conservatoire de Leipzig
- 1844 — Concerto pour violon
- 1846 — Elias à Birmingham
- 1847 — mort de Fanny (mai) ; mort à Leipzig, le 4 novembre
Œuvres majeures
- 5 symphonies, dont l’Écossaise (no 3), l’Italienne (no 4) et la Réformation (no 5)
- Le Concerto pour violon en mi mineur et 2 concertos pour piano
- Les ouvertures Le Songe d’une nuit d’été, Les Hébrides, Mer calme et heureux voyage
- La musique de scène du Songe d’une nuit d’été, avec la Marche nuptiale
- Les oratorios Paulus et Elias
- L’Octuor à cordes, 6 quatuors, 2 trios avec piano
- Les 48 Romances sans paroles pour piano
Galerie






À voir et à écouter
- Le Concerto pour violon (vidéos YouTube)
- Le Songe d’une nuit d’été (vidéos YouTube)
- La Symphonie italienne (vidéos YouTube)
- L’Octuor (vidéos YouTube)
À télécharger (livres du domaine public, PDF)
- Télécharger le PDF — Felix Mendelssohn, Letters, Londres, 1863 : sa correspondance. (lire en ligne)
Pour aller plus loin en ligne
Pour aller plus loin
- Rémi Jacobs, Mendelssohn, Seuil, « Solfèges », 1977.
- Brigitte François-Sappey, Felix Mendelssohn, la lumière de son temps, Fayard, 2008.
- Voir aussi Les grands mouvements de la musique, Les 20 œuvres musicales les plus célèbres, La Musique, Robert Schumann, Jean-Sébastien Bach.