Orazio Puglisi

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Antonín Dvořák

Image d’en-tête : Adam August Müller, Vue de Prague avec le pont Charles sur la Vltava, première moitié du XIXe siècle (Wikimedia Commons, Public domain)

Antonín Dvořák (1841-1904), de la Bohême au Nouveau Monde

Fils d’un boucher-aubergiste de Bohême, Antonín Dvořák (1841-1904) est devenu le plus célèbre des compositeurs tchèques. Découvert par Brahms, acclamé à Londres puis appelé à New York, il a uni la tradition classique allemande aux chants et aux danses de son pays — et à ceux de l’Amérique dans sa Symphonie du Nouveau Monde. Ses Danses slaves, son Concerto pour violoncelle, son Humoresque et l’air à la lune de Rusalka sont aimés dans le monde entier.

Antonín Dvořák
Antonín Dvořák, photographie, vers 1882. (Wikimedia Commons, Public domain)

Le fils du boucher de Nelahozeves (1841-1873)

Antonín Leopold Dvořák naît le 8 septembre 1841 à Nelahozeves, village de Bohême au bord de la Vltava, au nord de Prague, dans la famille d’un boucher-aubergiste qui joue de la cithare. Destiné au métier de son père, il apprend l’allemand, l’orgue et l’alto auprès d’un instituteur musicien, puis étudie à l’école d’orgue de Prague (1857-1859). Pendant neuf ans, il gagne sa vie comme altiste dans l’orchestre du Théâtre provisoire, la scène nationale tchèque, sous la direction de Bedřich Smetana, le père de la musique tchèque moderne. Très pauvre, il compose en secret et brûle beaucoup de ses premières partitions.

Brahms et la gloire (1874-1891)

Johannes Brahms
Johannes Brahms, le protecteur de Dvořák. (Wikimedia Commons, Public domain)

En 1874, Dvořák obtient une bourse de l’État autrichien destinée aux artistes pauvres ; dans le jury siège Johannes Brahms, qui s’enthousiasme pour sa musique et le recommande à son éditeur berlinois Simrock. Les Danses slaves (1878), commandées par Simrock sur le modèle des Danses hongroises, font aussitôt sa réputation dans toute l’Europe. La mort de trois de ses enfants lui inspire un bouleversant Stabat Mater (1877). Invité neuf fois en Angleterre à partir de 1884, il y est acclamé ; l’université de Cambridge le fait docteur. Il compose alors ses grandes symphonies no 7 et no 8, le Trio « Dumky » et le Concerto pour violon.

Dvořák, Danse slave no 2, arrangement pour cordes par l’US Air Force Band (Wikimedia Commons, Public domain)

Le Nouveau Monde (1892-1895)

Dvořák à New York
Dvořák, sa famille et ses amis aux États-Unis, 1893. (Wikimedia Commons, Public domain)

En 1892, la riche mécène Jeannette Thurber l’invite à diriger le Conservatoire national de musique de New York pour un salaire vingt-cinq fois supérieur à celui de Prague. Dvořák découvre l’Amérique avec curiosité : il s’intéresse aux negro spirituals, que lui chante son élève afro-américain Harry Burleigh, et aux musiques amérindiennes, et affirme que l’avenir de la musique américaine se trouve dans ces mélodies. Le 16 décembre 1893, au Carnegie Hall, sa Symphonie du Nouveau Monde triomphe : son Largo, chanté par le cor anglais, est devenu l’une des mélodies les plus aimées du monde. L’été 1893, dans le village tchèque de Spillville, dans l’Iowa, il compose le Quatuor « Américain ». Il écrit encore à New York le Concerto pour violoncelle (1895), le plus célèbre du répertoire.

Dvořák, Symphonie no 9 « Du Nouveau Monde », II. Largo (Wikimedia Commons, Public domain)

Le retour en Bohême (1895-1904)

Vyšehrad
Le cimetière de Vyšehrad à Prague, où repose Dvořák. (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Rentré en Bohême, Dvořák retrouve avec bonheur sa maison de campagne de Vysoká, ses pigeons et sa passion pour les locomotives : il connaissait par cœur les horaires des trains et allait chaque jour admirer les machines à la gare de Prague. Directeur du Conservatoire de Prague, il se consacre aux poèmes symphoniques inspirés des ballades populaires de Karel Jaromír Erben et à l’opéra. Rusalka (1901), l’histoire d’une ondine qui veut devenir humaine par amour, avec son « Chant à la lune », est le plus joué des opéras tchèques. Il meurt à Prague le 1er mai 1904 et repose au cimetière de Vyšehrad, le panthéon national tchèque, non loin de Smetana.

Dvořák, Humoresque op. 101 no 7 (Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)

Chronologie

  • 1841 — naissance à Nelahozeves, le 8 septembre
  • 1857-1859 — école d’orgue de Prague
  • 1862-1871 — altiste à l’orchestre du Théâtre provisoire de Prague
  • 1873 — mariage avec Anna Čermáková
  • 1874 — bourse de l’État autrichien ; Brahms le remarque
  • 1877 — Stabat Mater
  • 1878 — Danses slaves
  • 1884 — premier voyage triomphal à Londres
  • 1889 — Symphonie no 8
  • 1891 — professeur au Conservatoire de Prague ; docteur de Cambridge
  • 1892 — directeur du Conservatoire national de New York
  • 1893 — Symphonie du Nouveau Monde ; été à Spillville
  • 1895 — Concerto pour violoncelle ; retour à Prague
  • 1901 — Rusalka
  • 1904 — mort à Prague, le 1er mai

Œuvres majeures

  • 9 symphonies, dont la Septième, la Huitième et la Neuvième « Du Nouveau Monde »
  • Le Concerto pour violoncelle, le Concerto pour violon, le Concerto pour piano
  • Les Danses slaves (op. 46 et op. 72)
  • Le Stabat Mater, le Requiem, le Te Deum
  • Les opéras Rusalka, Le Jacobin, Le Diable et Catherine
  • Musique de chambre : Quatuor « Américain », Trio « Dumky », Quintette avec piano op. 81
  • La Sérénade pour cordes et les poèmes symphoniques d’après Erben
  • Les Humoresques pour piano et les Chants tziganes

Galerie

Maison natale de Dvořák
La maison natale de Dvořák à Nelahozeves. (Wikimedia Commons, CC BY 4.0)
Musée Dvořák de Prague
La villa Amerika, à Prague, aujourd’hui musée Antonín-Dvořák. (Wikimedia Commons, Public domain)
Rusalka
Ivan Gorokhov, Roussalka, 1912 : l’ondine des légendes slaves, héroïne de l’opéra de Dvořák. (Wikimedia Commons, Public domain)
Spillville
Spillville (Iowa), où Dvořák passa l’été 1893. (Wikimedia Commons, CC0)
Statue de Dvořák
Statue de Dvořák à Prague, devant le Rudolfinum. (Wikimedia Commons, Public domain)

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