Orazio Puglisi

Le beau ! Quoi d'autre ?

Israel

Image d’en-tête : La « Joconde de Galilée », mosaïque de la villa de Dionysos, Sepphoris, IIIe siècle (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

L’art en Terre sainte : des mosaïques antiques à l’école Bezalel

Terre sainte des trois religions monothéistes, la région de l’actuel Israël conserve un patrimoine artistique d’une grande richesse : mosaïques romaines et byzantines de Sepphoris, de Beït-Shéan et des synagogues anciennes, vestiges des croisés, puis, à partir de 1906, l’école d’art Bezalel de Jérusalem, berceau d’un art juif moderne. Les paysages de la Terre sainte ont aussi inspiré de nombreux peintres orientalistes européens.

Mosaïque de Beït Alpha
Mosaïque de la synagogue de Beït Alpha, VIe siècle (Wikimedia Commons, CC BY 2.5)

Les mosaïques de Galilée

À Sepphoris, capitale de la Galilée romaine, une villa du IIIe siècle a livré une mosaïque dionysiaque dont un visage de femme, surnommé la « Joconde de Galilée », fascine par son regard. Les synagogues de l’Antiquité tardive sont pavées de mosaïques étonnantes : à Beït Alpha (VIe siècle), un zodiaque entoure le dieu-soleil Hélios sur son char, entre le sacrifice d’Isaac et l’arche de la Loi, dans un style naïf et coloré.

L’école Bezalel

Boris Schatz
Boris Schatz, œuvre (Wikimedia Commons, Public domain)

En 1906, le sculpteur Boris Schatz fonde à Jérusalem l’Académie des arts et du design Bezalel, du nom de l’artisan biblique du tabernacle. Il veut créer un « style hébraïque » mêlant Art nouveau européen, motifs orientaux et thèmes bibliques. Le graveur et illustrateur Ephraim Moses Lilien, maître du Jugendstil, y enseigne. Bezalel est aussi à l’origine du Musée d’Israël.

E. M. Lilien, l’Art nouveau biblique

Ephraim Moses Lilien
Ephraim Moses Lilien, Mariage allégorique (Wikimedia Commons, Public domain)

Né en Galicie, Ephraim Moses Lilien (1874-1925) illustre la Bible et les livres de la renaissance juive d’un trait noir et blanc élégant, influencé par Beardsley. Ses photographies et dessins de Jérusalem et de ses habitants sont aussi des documents précieux.

Les orientalistes en Terre sainte

William Holman Hunt, Le Bouc émissaire
William Holman Hunt, Le Bouc émissaire, 1854-1856, Lady Lever Art Gallery (Wikimedia Commons, Public domain)

Au XIXe siècle, la Terre sainte attire peintres et pèlerins. L’Écossais David Roberts publie ses lithographies de Jérusalem et des lieux saints (1842-1849). Le préraphaélite William Holman Hunt séjourne longuement à Jérusalem pour peindre les scènes bibliques dans leur décor réel ; son Bouc émissaire (1856) est peint sur les rives de la mer Morte.

L’art moderne

David Roberts, Jérusalem
David Roberts, Jérusalem vue du nord (Wikimedia Commons, CC0)

Au XXe siècle, Reuven Rubin, Nahum Gutman et le groupe « Nouveaux Horizons » de Yosef Zaritsky développent un art moderne ; Mordecai Ardon, venu du Bauhaus, et Marc Chagall, auteur des vitraux de l’hôpital Hadassah et des tapisseries de la Knesset, y laissent des œuvres majeures. Ces œuvres ne sont pas encore dans le domaine public.

Les grands artistes

Chronologie

  • IIIe siècle — Mosaïque de la villa de Dionysos à Sepphoris
  • VIe siècle — Mosaïque de Beït Alpha
  • 1854-1856 — Holman Hunt peint Le Bouc émissaire
  • 1906 — Fondation de l’école Bezalel
  • 1928 — Découverte de la synagogue de Beït Alpha
  • 1965 — Ouverture du Musée d’Israël à Jérusalem

Galerie

Joconde de Galilée
La « Joconde de Galilée », détail (Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)
Beït Alpha
Synagogue de Beït Alpha, mosaïque du zodiaque (Wikimedia Commons, CC BY 2.5)
E. M. Lilien, Shabbat
Ephraim Moses Lilien, Shabbat, 1923 (Wikimedia Commons, Public domain)
Boris Schatz
Boris Schatz, œuvre (Wikimedia Commons, Public domain)
David Roberts
David Roberts, Le Siège et la destruction de Jérusalem (Wikimedia Commons, Public domain)

À voir

Pour aller plus loin en ligne

Pour aller plus loin

© 2026 Orazio Puglisi

Thème par Anders Norén