Image d’en-tête : La carte de Madaba, mosaïque de l’église Saint-Georges, Madaba, VIe siècle (Wikimedia Commons, Public domain)
L’art en Jordanie : Pétra, Madaba et les fresques de Qusayr Amra
Terre des Nabatéens, des Romains, des Byzantins et des premiers califes, la Jordanie est un véritable musée à ciel ouvert. La cité rose de Pétra, taillée dans le grès, les mosaïques byzantines de Madaba, « la cité des mosaïques », et les fresques omeyyades du château de Qusayr Amra comptent parmi les trésors du patrimoine mondial.

Pétra, la cité nabatéenne
Capitale des Nabatéens, peuple de caravaniers qui contrôlait la route de l’encens, Pétra a été taillée dans la falaise de grès rose entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle. Ses façades monumentales, comme le Trésor (Al-Khazneh) ou le Monastère (Ad-Deir), mêlent architecture hellénistique et traditions orientales. Redécouverte en 1812 par le Suisse Johann Ludwig Burckhardt, elle est l’une des sept nouvelles merveilles du monde.
La carte de Madaba et les mosaïques byzantines

Au VIe siècle, la ville de Madaba et les églises du mont Nébo se couvrent de mosaïques. La plus célèbre, la Carte de Madaba, est la plus ancienne carte de la Terre sainte qui nous soit parvenue : elle montre Jérusalem avec ses rues à colonnades et le Saint-Sépulcre, le Jourdain avec ses poissons, la mer Morte avec ses bateaux. Sur le Mont Nébo, d’où Moïse aurait contemplé la Terre promise, et à Umm ar-Rasas, d’autres pavements montrent chasses, vendanges et villes.
Qusayr Amra, les fresques des califes

Construit vers 723-743 dans le désert, le petit château de bains de Qusayr Amra est couvert de fresques uniques : scènes de chasse, baigneuses, musiciens, artisans, et une coupole représentant le ciel étoilé avec les constellations, la plus ancienne représentation connue de la voûte céleste sur une surface hémisphérique. La fresque des « Six Rois » montre les souverains vaincus par l’islam. Ces peintures sont un témoignage exceptionnel de l’art profane des Omeyyades.
Umm ar-Rasas et la peinture moderne

La mosaïque de l’église Saint-Étienne d’Umm ar-Rasas (718) représente quinze villes de Terre sainte et d’Égypte. Au XXe siècle, l’art moderne jordanien naît avec la princesse et peintre Fahrelnissa Zeid, qui ouvre un atelier à Amman en 1976, et avec la Galerie nationale des beaux-arts de Jordanie. Ces œuvres ne sont pas encore dans le domaine public.
Les grands artistes
- Les architectes nabatéens de Pétra
- Les mosaïstes de Madaba (VIe siècle)
- Les peintres omeyyades de Qusayr Amra (VIIIe siècle)
- Fahrelnissa Zeid (1901-1991)
- Mona Saudi (1945-2022)
Chronologie
- IIIe s. av. J.-C.-IIe s. — Apogée de Pétra
- VIe siècle — Carte de Madaba, mosaïques du mont Nébo
- 718 — Mosaïque de Saint-Étienne à Umm ar-Rasas
- vers 723-743 — Fresques de Qusayr Amra
- 1812 — Burckhardt redécouvre Pétra
- 1884 — Redécouverte de la carte de Madaba
- 1985 — Pétra et Qusayr Amra au patrimoine mondial
Galerie





À voir
- Pétra (vidéos YouTube)
- La carte de Madaba (vidéos YouTube)
- Qusayr Amra (vidéos YouTube)
Pour aller plus loin en ligne
Pour aller plus loin
- Michele Piccirillo, The Mosaics of Jordan, 1993.
- Garth Fowden, Qusayr Amra, 2004.
- Jane Taylor, Petra and the Lost Kingdom of the Nabataeans, 2001.
- Voir aussi Chronologie des mouvements artistiques, La peinture au Moyen-Orient, Palestine et Les Arts.