Orazio Puglisi

Le beau ! Quoi d'autre ?

Les 20 œuvres musicales les plus célèbres

Image d’en-tête : Joseph Karl Stieler, Portrait de Ludwig van Beethoven composant la Missa solemnis, 1820, Bonn, Beethoven-Haus (Wikimedia Commons, domaine public).

Les 20 œuvres musicales les plus célèbres au monde

Quelles sont les œuvres de musique classique que tout le monde connaît, même sans connaître leur nom ? Voici vingt pièces que l’on entend au concert comme au cinéma, à la publicité, au téléphone ou dans les jeux vidéo. Toute liste de ce genre est discutable : celle-ci est fondée sur le nombre d’interprétations, d’enregistrements et de reprises, et va du baroque au XXe siècle. Chaque œuvre est accompagnée d’un enregistrement à écouter, libre de droits, issu de Wikimedia Commons.

1. Symphonie no 5 en ut mineur, op. 67

Ludwig van Beethoven
Joseph Karl Stieler, 1820 (Wikimedia Commons, Public domain)

Ludwig van Beethoven — 1804-1808

Quatre notes, « ta-ta-ta-taaa », sont devenues le motif le plus célèbre de toute la musique. Créée à Vienne le 22 décembre 1808, lors d’un concert-fleuve de quatre heures, la symphonie passe de l’ut mineur sombre à l’ut majeur triomphant du finale : de la lutte à la victoire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la BBC ouvrait ses émissions vers l’Europe occupée par ce motif, qui correspond en morse à la lettre V de la victoire.

Premier mouvement, Allegro con brio (Ludwig van Beethoven, Wikimedia Commons, Public domain)

2. Symphonie no 9, « Ode à la joie »

Ludwig van Beethoven — 1822-1824

Beethoven, désormais complètement sourd, introduit pour la première fois des voix et un chœur dans une symphonie, sur l’Ode à la joie de Friedrich von Schiller : « Alle Menschen werden Brüder », tous les hommes deviennent frères. À la création, le 7 mai 1824, une chanteuse dut le retourner vers la salle pour qu’il voie l’ovation. L’Hymne européen en est tiré depuis 1972 et le manuscrit est inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO.

Quatrième mouvement (avec le chœur final) (Ludwig van Beethoven, Wikimedia Commons, Public domain)

3. Lettre à Élise (Für Elise), bagatelle en la mineur

Ludwig van Beethoven — 1810

Ce petit morceau pour piano, que Beethoven ne publia jamais, fut découvert et édité en 1867 par le musicologue Ludwig Nohl, quarante ans après la mort du compositeur. L’identité d’« Élise » reste une énigme : Therese Malfatti, dont le nom aurait été mal lu, ou la chanteuse Elisabeth Röckel ? Il est devenu le premier morceau de piano de millions d’élèves.

Interprétation au piano (Ludwig van Beethoven, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

4. Une petite musique de nuit (Eine kleine Nachtmusik), K. 525

Wolfgang Amadeus Mozart
Barbara Krafft, portrait posthume, 1819 (Wikimedia Commons, Public domain)

Wolfgang Amadeus Mozart — 1787

Sérénade pour cordes achevée à Vienne le 10 août 1787, pendant la composition de Don Giovanni. On ignore pour quelle occasion elle fut écrite ; elle ne fut publiée qu’en 1827. Son premier mouvement, d’une clarté et d’une vivacité parfaites, incarne à lui seul le classicisme viennois.

Premier mouvement, Allegro (Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791). The website lists the « , Wikimedia Commons, Public domain)

5. Requiem en ré mineur, K. 626 : « Lacrimosa »

Wolfgang Amadeus Mozart — 1791

Commandé anonymement par le comte Franz von Walsegg, le Requiem (Mozart) est resté inachevé à la mort de Mozart, le 5 décembre 1791 : selon la tradition, il en écrivait les huit premières mesures du Lacrimosa. Son élève Franz Xaver Süssmayr l’acheva. La légende d’un empoisonnement par Antonio Salieri, popularisée par Pouchkine puis par le film Amadeus (film), est sans fondement.

« Lacrimosa », Bruno Walter, Orchestre philharmonique de Vienne, 1956 (Wolfgang Amadeus Mozart, Wikimedia Commons, Public domain)

6. Les Quatre Saisons : « Le Printemps »

Antonio Vivaldi
Portrait présumé de Vivaldi, XVIIIe siècle (Wikimedia Commons, Public domain)

Antonio Vivaldi — publiées en 1725

Les quatre concertos pour violon des Les Quatre Saisons ouvrent le recueil Il cimento dell’armonia e dell’inventione, op. 8, publié à Amsterdam. Chacun est accompagné d’un sonnet : on y entend les oiseaux, le murmure des sources, l’orage, le chien du berger qui aboie. Oubliées pendant deux siècles, elles sont aujourd’hui parmi les œuvres les plus enregistrées au monde.

Premier mouvement, Allegro, John Harrison (violon) (Antonio Vivaldi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

7. Toccata et fugue en ré mineur, BWV 565

Jean-Sébastien Bach
Elias Gottlob Haussmann, 1748 (Wikimedia Commons, Public domain)

Jean-Sébastien Bach — vers 1704 (?)

Le début foudroyant de cette pièce pour orgue est devenu le symbole même du mystère et du fantastique, des films d’épouvante à Fantasia (film, 1940) de Walt Disney, qui l’ouvre dans l’orchestration de Leopold Stokowski. Certains musicologues doutent même qu’elle soit de Bach.

Orchestration et direction de Leopold Stokowski, Orchestre de Philadelphie (Wikimedia Commons, Public domain)

8. Air de la Suite pour orchestre no 3, BWV 1068

Jean-Sébastien Bach — vers 1730

Le deuxième mouvement de la troisième suite pour orchestre doit son surnom d’« Air sur la corde de sol » à l’arrangement du violoniste August Wilhelmj (1871), jouable sur la seule corde grave du violon. Sa longue mélodie suspendue est l’une des plus sereines de toute la musique.

Orchestre Melachrino, direction George Melachrino (Wikimedia Commons, Public domain)

9. Canon en ré majeur

Johann Pachelbel — vers 1680-1700

Écrit pour trois violons et basse continue, ce canon repose sur une basse de huit notes répétée vingt-huit fois. Oublié jusqu’en 1919, il est devenu célèbre après un enregistrement de Jean-François Paillard en 1968, et sa progression d’accords inspire depuis d’innombrables chansons. Johann Pachelbel fut l’ami de la famille Bach et le maître du frère aîné de Jean-Sébastien.

Version de Kevin MacLeod (Kevin MacLeod, Wikimedia Commons, CC BY 3.0)

10. Le Messie : « Alléluia »

Georg Friedrich Haendel
Balthasar Denner, vers 1726-1728 (Wikimedia Commons, Public domain)

Georg Friedrich Haendel — 1741

Haendel compose son oratorio Le Messie en vingt-quatre jours seulement, à Londres, et le crée à Dublin en 1742 au profit d’œuvres de charité. Selon la tradition, le roi George II se leva à l’« Alléluia » lors de la première londonienne, et le public se lève encore à ce moment dans les pays anglo-saxons.

Chœur « Alléluia » (G. F. Handel, Wikimedia Commons, Public domain)

11. Le Lac des cygnes

Piotr Ilitch Tchaïkovski
Vers 1870 (Wikimedia Commons, Public domain)

Piotr Ilitch Tchaïkovski — 1875-1876

Premier ballet de Tchaïkovski, créé sans succès au Théâtre Bolchoï de Moscou en 1877, Le Lac des cygnes ne triompha qu’après la mort du compositeur, dans la chorégraphie de Marius Petipa et Lev Ivanov à Saint-Pétersbourg (1895). L’histoire d’Odette, princesse changée en cygne, est devenue le symbole même du ballet classique.

Extrait de l’acte IV (Pyotr Ilyich Tchaikovsky; Antal Dorati; London Philharmonic , Wikimedia Commons, Public domain)

12. Peer Gynt : « Dans l’antre du roi de la montagne »

Edvard Grieg
Elliott & Fry, 1888 (Wikimedia Commons, Public domain)

Edvard Grieg — 1875

Musique de scène écrite pour la pièce Peer Gynt d’Henrik Ibsen : le héros est entraîné chez les trolls, et le thème, répété de plus en plus vite et de plus en plus fort, finit en déchaînement. Grieg lui-même trouvait ce morceau « horrible » de vulgarité, et il est pourtant devenu l’un des plus célèbres au monde.

Interprétation Musopen (Grieg, Edvard; Musopen Symphony Orchestra, Wikimedia Commons, Public domain)

13. Clair de lune (Suite bergamasque)

Claude Debussy
Atelier Nadar, 1908 (Wikimedia Commons, Public domain)

Claude Debussy — 1890, publié en 1905

Troisième pièce de la Suite bergamasque pour piano, inspirée du poème de Paul Verlaine dans les Fêtes galantes. Avec ses harmonies voilées et ses résonances, elle annonce l’« impressionnisme » musical dont Debussy refusait pourtant l’étiquette.

Interprétation au piano (Claude Debussy, Wikimedia Commons, Public domain)

14. Le Beau Danube bleu

Johann Strauss II
Fritz Luckhardt, vers 1870 (Wikimedia Commons, Public domain)

Johann Strauss II — 1866-1867

Écrite après la défaite autrichienne de Sadowa, cette valse fut d’abord une œuvre chorale, avant de triompher dans sa version orchestrale à l’Exposition universelle de Paris en 1867. Elle est le second hymne de l’Autriche et clôt chaque année le concert du Nouvel An à Vienne. Stanley Kubrick la fit tournoyer dans l’espace dans 2001, l’Odyssée de l’espace.

Version orchestrale (European Archive, Wikimedia Commons, CC0)

15. La Walkyrie : « La Chevauchée des Walkyries »

Richard Wagner
Caesar Willich, vers 1862 (Wikimedia Commons, Public domain)

Richard Wagner — 1856, créée en 1870

Prélude du troisième acte de La Walkyrie, deuxième journée de la Tétralogie : les filles guerrières de Wotan galopent dans les nuées pour emporter les héros morts au Walhalla. Francis Ford Coppola en a fait l’une des scènes les plus célèbres du cinéma dans Apocalypse Now.

Prélude de l’acte III (Richard Wagner (1813–1883), Wikimedia Commons, Public domain)

16. Carmen : « Habanera » (« L’amour est un oiseau rebelle »)

Georges Bizet
Vers 1860 (Wikimedia Commons, Public domain)

Georges Bizet — 1875

Carmen (opéra), d’après la nouvelle de Prosper Mérimée, fit scandale à sa création à l’Opéra-Comique le 3 mars 1875. Bizet mourut trois mois plus tard, à trente-six ans, sans connaître le triomphe mondial de son opéra. La mélodie de la Habanera est empruntée à une chanson du compositeur espagnol Sebastián Iradier.

Version instrumentale de Kevin MacLeod (Aria composed by : Georges Bizet; Singer: Jenny Lee Mitchell, Wikimedia Commons, CC BY 3.0)

17. Nabucco : « Va, pensiero » (chœur des esclaves hébreux)

Giuseppe Verdi
Giovanni Boldini, 1886 (Wikimedia Commons, Public domain)

Giuseppe Verdi — 1842

Dans Nabucco, créé à la Scala de Milan le 9 mars 1842, les Hébreux captifs à Babylone chantent leur patrie perdue : « Va, pensée, sur tes ailes dorées ». Les Italiens du Risorgimento y reconnurent leur propre désir d’unité et de liberté. En 1901, lors du transfert de la dépouille de Verdi, Arturo Toscanini le fit chanter par plusieurs centaines de choristes devant la foule milanaise : c’est l’hymne officieux de l’Italie.

Chœur « Va, pensiero » (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

18. Symphonie no 9 « Du Nouveau Monde »

Antonín Dvořák
1882 (Wikimedia Commons, Public domain)

Antonín Dvořák — 1893

Écrite à New York, où Dvořák dirigeait le Conservatoire national, cette symphonie mêle les souvenirs de la Bohême natale aux échos des negro spirituals et des chants amérindiens. Neil Armstrong en emporta un enregistrement sur la Lune lors de la mission Apollo 11 en 1969.

Symphonie no 9 (extrait) (Antonín Dvořák, Wikimedia Commons, Public domain)

19. Boléro

Maurice Ravel — 1928

Commandé par la danseuse Ida Rubinstein, le Boléro (Ravel) repose sur une seule mélodie répétée dix-huit fois sur un rythme obstiné de caisse claire, dans un immense crescendo orchestral. Ravel le qualifiait d’« expérience dans une direction très spéciale et limitée » ; il est devenu l’une des œuvres les plus jouées au monde.

Enregistrement de 1930 (Maurice Ravel, Wikimedia Commons, Public domain)

20. Nocturne en mi bémol majeur, op. 9 no 2

Frédéric Chopin
Louis-Auguste Bisson, 1849 (Wikimedia Commons, Public domain)

Frédéric Chopin — 1830-1832

Le plus célèbre des vingt et un nocturnes de Chopin, publié à Paris en 1832 et dédié à Marie Pleyel. Héritier de l’Irlandais John Field, Chopin fait chanter le piano comme une voix d’opéra belcantiste.

Interprétation de Frank Levy (Frédéric Chopin / Frank Lévy, Wikimedia Commons, Public domain)

Et aussi…

La Sonate au clair de lune et la Marche turque de Mozart, le Carmina Burana de Carl Orff, Ainsi parlait Zarathoustra (Strauss) de Richard Strauss, l’ouverture de Guillaume Tell (opéra) de Gioachino Rossini, la Marche nuptiale (Mendelssohn), Casse-Noisette, la Sérénade (Schubert), l’Ave Maria (Schubert), Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, Rhapsody in Blue de George Gershwin…

À voir et à écouter

Pour aller plus loin en ligne

Pour aller plus loin

  • Voir la page La Musique et la page Histoire de la Musique Classique.
  • Marc Honegger (dir.), Dictionnaire de la musique, Bordas.
  • François-René Tranchefort (dir.), Guide de la musique symphonique, Fayard, 1986.

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