{"id":15331,"date":"2024-10-29T19:59:28","date_gmt":"2024-10-29T18:59:28","guid":{"rendered":"https:\/\/oraziopuglisi.art\/?page_id=15331"},"modified":"2024-10-29T20:17:30","modified_gmt":"2024-10-29T19:17:30","slug":"giovanni-carestini","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/oraziopuglisi.art\/index.php\/giovanni-carestini\/","title":{"rendered":"Giovanni Carestini"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\"><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Giovanni_Carestini\">Giovanni Carestini<\/a> ou l\u2019absolue perfection du chant : l\u2019engouement extraordinaire que les castrats suscit\u00e8rent dans l\u2019Europe musicale du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle demeure un ph\u00e9nom\u00e8ne unique dont on peine aujourd\u2018hui \u00e0 mesurer la formidable ampleur. Tous les compositeurs europ\u00e9ens eurent recours \u00e0 ces chanteurs adul\u00e9s, devenus la principale attraction des spectacles d\u2019op\u00e9ra. La m\u00e9moire musicale nous a l\u00e9gu\u00e9 le nom d\u2019un des plus fameux d\u2019entre eux, Giovanni Carestini. Ce que Hasse r\u00e9sumera en affirmant : \u00ab Qui n\u2019a jamais entendu chanter Carestini ignore ce qu\u2019est l\u2019absolue perfection du chant \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">Carestini fut avec Farinelli l\u2019un des castrats les plus c\u00e9l\u00e8bres de l\u2019Europe musicale du XVIIIe si\u00e8cle. En cette \u00e9poque plus affol\u00e9e de plaisirs que soucieuse de morale, les divi \u00e9taient l\u2019objet d\u2019une adulation d\u00e9lirante de la part d\u2019un public qui se pr\u00e9cipitait au th\u00e9\u00e2tre pour d\u00e9faillir de volupt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ces voix d\u00e9licieusement ambigu\u00ebs. Aujourd\u2019hui, les m\u00e9lomanes connaissent surtout Farinelli, dont la carri\u00e8re a inspir\u00e9 un film et plusieurs r\u00e9citals discographiques. Aussi est-il temps de rendre justice \u00e0 Carestini qui brilla de tous ses feux dans cette constellation de stars du bel canto baroque.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">Giovanni Maria Bernardino Carestini naquit le 13 d\u00e9cembre 1700 dans la r\u00e9gion d\u2019Anc\u00f4ne. Si aucun t\u00e9moignage ne nous est parvenu sur ses premi\u00e8res ann\u00e9es, la l\u00e9gende veut qu\u2019il se soit distingu\u00e9 tr\u00e8s jeune par la beaut\u00e9 et la puret\u00e9 de sa voix, ce qui incita ses parents \u00e0 le faire castrer. Il semble qu\u2019il ait particip\u00e9, en 1710, \u00e0 l\u2019oratorio de Caldara, Santo Stefano, r\u00e8 d\u2019Ungheria. Est-ce \u00e0 cette occasion que le Cardinal Augustin III Cusani le remarqua ? Toujours est-il qu\u2019il le prit sous sa protection, lui ouvrant les portes de Milan et de l\u2019histoire officielle. D\u00e8s lors, la carri\u00e8re de Carestini entra dans la l\u00e9gende et fut une succession de triomphes \u00e0 travers l\u2019Europe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">En 1721, il fit ses d\u00e9buts \u00e0 Rome dans des r\u00f4les de travestis, un \u00e9dit papal interdisant aux femmes de se produire sur les sc\u00e8nes de th\u00e9\u00e2tre. L\u2019ann\u00e9e suivante, il chanta aux c\u00f4t\u00e9s de Farinelli dans l\u2019op\u00e9ra de Porpora, Flavio Anicio Olibrio. Ce fut le d\u00e9but d\u2019une rivalit\u00e9 farouche qui devait opposer les deux divi tout au long de leurs carri\u00e8res. Si le jeune Farinelli stup\u00e9fia le public par ses prodigieuses prouesses vocales, ce ne fut pas sans r\u00e9serves, si l\u2019on en croit un t\u00e9moignage de l\u2019\u00e9poque : \u00ab il surprend plus qu\u2019il ne touche \u00bb. Face \u00e0 cette machine \u00e0 chanter qui d\u00e9ployait ses tr\u00e9sors de virtuosit\u00e9 dans une immobilit\u00e9 de statue, Carestini se distinguait par son engagement dramatique et la ciselure d\u2019un chant moins imposant, mais extr\u00eamement raffin\u00e9 : \u00ab Son jeu d\u2019acteur \u00e9tait excellent et son chant ardent \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">Les deux chanteurs se livr\u00e8rent \u00e0 une v\u00e9ritable joute de prestige par l\u2019interm\u00e9diaire de deux th\u00e9\u00e2tres romains eux-m\u00eames rivaux : le Teatro delle Dame pour Farinelli, le Capranica pour Carestini o\u00f9 il cr\u00e9a, en janvier 1723, l\u2019<i>Ercole sul Termodonte<\/i>\u00a0de Vivaldi. Au printemps 1726, il retrouva Farinelli \u00e0 Parme pour la cr\u00e9ation des\u00a0<i>Fratelli riconosciuti<\/i>\u00a0de Capelli. Et les deux \u00e9toiles de travestir leur m\u00e9sentente professionnelle en fraternit\u00e9 sur la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">Deux ans plus tard, Carestini fit ses d\u00e9buts \u00e0 Naples, consid\u00e9r\u00e9e alors comme \u00ab la capitale du monde musicien \u00bb. Ce s\u00e9jour lui permit de rencontrer Hasse avec lequel il noua une longue et fructueuse collaboration, et de devenir le castrat favori de Vinci, qui composa pour lui ses deux plus grands succ\u00e8s : Alessandro nell\u2019Indie et Artaserse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">En 1733, Carestini quitta l\u2019Italie pour le Th\u00e9\u00e2tre de Haymarket \u00e0 Londres, \u00e0 l\u2019invitation de Haendel, qui cherchait \u00e0 r\u00e9tablir un prestige en p\u00e9ril apr\u00e8s que Senesino l\u2019avait quitt\u00e9. Ensemble, ils cr\u00e9\u00e8rent de v\u00e9ritables chefs-d\u2019\u0153uvre :\u00a0<i>Arianna in Creta<\/i>,\u00a0<i>Ariodante<\/i>\u00a0et\u00a0<i>Alcina<\/i>. Mais une querelle mit fin \u00e0 ce glorieux tandem, au sujet de l\u2019aria\u00a0<i>Verdi prati<\/i>\u00a0que Carestini jugeait indigne de son art. Haendel traita son prot\u00e9g\u00e9 de \u00ab canaille \u00bb, lequel repartit aussit\u00f4t pour l\u2019Italie\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">En 1740, lors de l\u2019inauguration du Teatro Regio de Turin, il re\u00e7ut un cachet de 520 Louis d\u2019or, le plus haut jamais per\u00e7u par un chanteur \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">Cependant, les ann\u00e9es passaient, qui commen\u00e7aient \u00e0 ternir l\u2019\u00e9clat de ce prodige vocal, tandis qu\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de castrats acc\u00e9daient \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9. Carestini n\u2019en fut pas moins nomm\u00e9 Kammermusikus \u00e0 Berlin, aupr\u00e8s de Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand. En 1750, il scintilla d\u2019un dernier \u00e9clat dans le r\u00f4le titre de l\u2019<i>Orfeo<\/i>\u00a0de Graun, compositeur officiel \u00e0 la Cour.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">\u00c0 54 ans, c\u2019est un Carestini vieillissant et malade qui accepta l\u2019invitation de l\u2019imp\u00e9ratrice Elisabeth Petrowna, fille de Pierre le Grand, pour un s\u00e9jour de deux ans \u00e0 Saint Petersbourg. Son ultime apparition au Teatro San Carlo de Naples, en 1758, dans l\u2019<i>Ezio<\/i>\u00a0de Latilla, fut un \u00e9chec retentissant.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'book antiqua', palatino, serif;\">Carestini se retira alors dans son village natal et mourut deux ans plus tard, laissant pour m\u00e9moire les prodigieux chefs-d\u2019\u0153uvre qu\u2019avaient compos\u00e9s pour lui les plus grands compositeurs de son temps : Porpora, Haendel, Hasse, Leo et Gluck.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Giovanni Carestini ou l\u2019absolue perfection du chant : l\u2019engouement extraordinaire que les castrats suscit\u00e8rent dans l\u2019Europe musicale du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle demeure un ph\u00e9nom\u00e8ne unique dont on peine aujourd\u2018hui \u00e0 mesurer la formidable ampleur. Tous les compositeurs europ\u00e9ens eurent recours \u00e0 ces chanteurs adul\u00e9s, devenus la principale attraction des spectacles d\u2019op\u00e9ra. 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