Orazio Puglisi

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Sénégal

Image d’en-tête : L’île de Gorée, face à Dakar, patrimoine mondial de l’UNESCO (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

L’art au Sénégal : de Gorée à l’école de Dakar

Pays de la Teranga (hospitalité), le Sénégal occupe une place à part dans l’histoire de l’art africain. Ses cercles mégalithiques sont parmi les plus impressionnants d’Afrique, ses peintres sous verre (souwères) ont inventé un art populaire plein d’humour, et sous la présidence du poète Léopold Sédar Senghor, Dakar est devenue en 1966 la capitale mondiale des arts nègres, puis le siège de la Biennale de l’art africain contemporain.

Cercles mégalithiques de Sénégambie
Les cercles mégalithiques de Sénégambie (Wikimedia Commons, CC0)

Les cercles mégalithiques

Le long du fleuve Gambie, plus de mille monuments de pierres dressées, disposées en cercles, ont été élevés entre le IIIe siècle av. J.-C. et le XVIe siècle. Ces monuments funéraires, à cheval entre le Sénégal et la Gambie, forment la plus grande concentration de cercles de pierres du monde et sont inscrits au patrimoine mondial depuis 2006.

La peinture sous verre (souwère)

Souwère, Al-Bouraq
Peinture sous verre sénégalaise représentant Al-Bouraq, Brooklyn Museum (Wikimedia Commons, CC BY 3.0)

Venue du Maghreb au début du XXe siècle, la peinture sous verre (souwère, du français « sous-verre ») devient au Sénégal un art populaire florissant. Peintes à l’envers sur la vitre, avec des couleurs vives, les images représentent les grandes figures religieuses comme le cheikh Amadou Bamba, la monture céleste Bouraq, des scènes de la vie quotidienne, des proverbes et des satires. Gora Mbengue et Mor Gueye en sont les maîtres.

Gorée et Saint-Louis

Saint-Louis, pont Faidherbe
Saint-Louis du Sénégal, le pont Faidherbe (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

L’Gorée, avec ses maisons colorées et sa Maison des Esclaves, est devenue un lieu de mémoire de la traite atlantique, inscrit au patrimoine mondial dès 1978. Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique-Occidentale française, avec son pont Faidherbe et ses maisons à balcons, est célèbre pour ses signares, ses bijoux en filigrane d’or et son festival de jazz.

Senghor, le Festival de 1966 et l’école de Dakar

Musée des civilisations noires
Le musée des Civilisations noires, Dakar, 2018 (Wikimedia Commons, Public domain)

Poète de la Négritude et premier président du Sénégal (1960-1980), Léopold Sédar Senghor fait de la culture une priorité. En 1966, le Premier Festival mondial des arts nègres réunit à Dakar Duke Ellington, Aimé Césaire, André Malraux et des milliers d’artistes. L’« école de Dakar », avec Papa Ibra Tall, Iba Ndiaye et Ibou Diouf, cherche une peinture africaine moderne. Plus tard, Ousmane Sow, sculpteur des Lutteurs nouba et des Peuls, fut le premier Africain élu à l’Académie des beaux-arts de Paris. Le Musée des civilisations noires, ouvert à Dakar en 2018, réalise un rêve de Senghor. Ces œuvres ne sont pas dans le domaine public.

Les grands artistes

Chronologie

  • IIIe s. av. J.-C.-XVIe s. — Cercles mégalithiques
  • 1659 — Fondation de Saint-Louis
  • 1960 — Indépendance du Sénégal, Senghor président
  • 1966 — Premier Festival mondial des arts nègres à Dakar
  • 1978 — Gorée au patrimoine mondial
  • 1992 — Première Biennale de Dakar (Dak’Art)
  • 2018 — Musée des civilisations noires

Galerie

Cercle de Wassu
Cercle de pierres de Wassu (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)
Peinture sous verre
Peinture sous verre, Tropenmuseum (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)
Saint-Louis, 1889
Une fontaine à Saint-Louis, 1889 (Wikimedia Commons, Public domain)
Jeune fille wolof, 1889
Jeune fille wolof de Saint-Louis, 1889 (Wikimedia Commons, Public domain)
Musée des civilisations noires
Nfana au musée des Civilisations noires (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)
Gorée
Gorée et Dakar au coucher du soleil (Wikimedia Commons, CC BY 4.0)

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