Image d’en-tête : Mosaïques de la Grande Mosquée des Omeyyades, Damas, VIIIe siècle (Wikimedia Commons, CC BY 2.0)
L’art en Syrie : des fresques de Doura-Europos aux mosaïques des Omeyyades
Carrefour de toutes les civilisations du Proche-Orient, la Syrie possède l’un des patrimoines artistiques les plus anciens et les plus riches du monde : portraits funéraires de Palmyre, fresques de la synagogue de Doura Europos, mosaïques étincelantes de la Grande Mosquée de Damas, verres émaillés et boiseries peintes de Damas et d’Alep. Elle a aussi fasciné les peintres orientalistes européens du XIXe siècle. Une partie de ce patrimoine a été gravement endommagée pendant la guerre civile commencée en 2011.

Palmyre et Doura-Europos

Dans la cité caravanière de Palmyre, les riches marchands se faisaient représenter sur des bustes funéraires sculptés, aux regards fixes, parés de bijoux : un art mêlant influences grecques, romaines et parthes. Plus à l’est, sur l’Euphrate, les fouilles de Doura-Europos ont révélé en 1932 une synagogue du IIIe siècle entièrement couverte de fresques racontant l’histoire biblique (Moïse, Aaron, le veau d’or) : une découverte qui a bouleversé l’histoire de l’art juif. La même ville abrite la plus ancienne église-maison chrétienne connue, avec ses peintures murales.
Les mosaïques des Omeyyades

En 705, le calife Al-Walid Ier fait construire à Damas la Grande Mosquée des Omeyyades. Des mosaïstes, probablement byzantins, couvrent ses murs de fonds d’or où se déploient des paysages paradisiaques : rivières, arbres immenses, palais et villages, sans aucune figure humaine. Ces mosaïques, parmi les plus vastes du monde médiéval, inaugurent l’art islamique.
Les palais du désert

Les califes omeyyades construisent dans le désert des châteaux de plaisance décorés de fresques et de stucs où, contrairement aux mosquées, la figure humaine est partout : musiciens, danseuses, chasseurs. La façade et les peintures de Qasr al-Hayr al-Gharbi sont aujourd’hui reconstituées au musée national de Damas.
Les arts de Damas et d’Alep

Au Moyen Âge, Damas et Alep sont célèbres pour leurs verres émaillés et dorés, leurs métaux incrustés d’argent et leurs céramiques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les maisons des riches familles s’ornent de salons lambrissés de bois peint et doré, les qa’a : la chambre de Damas du Metropolitan Museum de New York (1707) et la chambre d’Alep du musée de Berlin en sont des exemples éblouissants. Au XIXe siècle se développe une peinture d’icônes de grande qualité à Alep et à Damas.
Les orientalistes et la peinture moderne

Au XIXe siècle, Damas, « perle de l’Orient », attire les peintres européens : l’Allemand Gustav Bauernfeind peint ses rues et ses mosquées avec une exactitude photographique, l’Anglais Frederic Leighton y fait un séjour décisif. Au XXe siècle, des peintres syriens comme Louay Kayyali, Fateh Moudarres et Marwan Kassab-Bachi créent une peinture moderne puissante, nourrie de l’histoire tragique du pays. Leurs œuvres ne sont pas encore dans le domaine public.
Les grands artistes
- Les sculpteurs funéraires de Palmyre (Ier-IIIe siècles)
- Les peintres de la synagogue de Doura-Europos (IIIe siècle)
- Les mosaïstes de la mosquée des Omeyyades (VIIIe siècle)
- Gustav Bauernfeind (1848-1904)
- Frederic Leighton (1830-1896)
- Louay Kayyali (1934-1978)
- Fateh Moudarres (1922-1999)
- Marwan Kassab-Bachi (1934-2016)
Chronologie
- Ier-IIIe s. — Apogée de Palmyre
- vers 245 — Fresques de la synagogue de Doura-Europos
- 705-715 — Grande Mosquée des Omeyyades à Damas
- vers 727 — Qasr al-Hayr al-Gharbi
- XIIIe-XIVe s. — Âge d’or du verre émaillé de Damas et d’Alep
- 1707 — La Chambre de Damas
- 1932 — Découverte de la synagogue de Doura-Europos
- 2011 — Début de la guerre civile ; destructions à Palmyre (2015)
Galerie







À voir
- Les fresques de Doura-Europos (vidéos YouTube)
- La mosquée des Omeyyades (vidéos YouTube)
- Palmyre (vidéos YouTube)
- La Chambre de Damas au Metropolitan Museum (vidéos YouTube)
À télécharger (livres du domaine public, PDF)
- Télécharger le PDF — Michael Rostovtzeff (dir.), The Excavations at Dura-Europos, rapport préliminaire (en anglais) (lire en ligne)
- Télécharger le PDF — The Excavations at Dura-Europos, rapport préliminaire de la saison 1929-1930 (en anglais) (lire en ligne)
Pour aller plus loin en ligne
Pour aller plus loin
- Ernest Will, Les Palmyréniens, 1992.
- Carl H. Kraeling, The Synagogue (Excavations at Dura-Europos), 1956.
- Marguerite van Berchem, The Mosaics of the Great Mosque of Damascus, 1932.
- Voir aussi Chronologie des mouvements artistiques, La peinture au Moyen-Orient et Les Arts.