Orazio Puglisi

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La Flagellation du Christ

La Flagellation du Christ

 

La Flagellation du Christ (en italien : Flagellazione di Cristo) est une peinture à l’huile sur toile du peintre italien Le Caravage, peint probablement en 1607[1] et conservé au musée de Capodimonte de Naples en Italie. Le même sujet est représenté dans le tableau Le Christ à la colonne (1607) conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen.

Elle est considérée comme l’une des œuvres les plus significatives de la maturité du peintre lombard[2].

Histoire

Chapelle de’ Franchis à San Domenico Maggiore.

Le tableau est commandé par Tommaso de’ Franchis (ou de Franco) pour la chapelle familiale qui lui a été offerte par Ferdinand de Mantoue, dans la cour de l’église San Domenico Maggiore à Naples[2],[3],[4], pour laquelle il avait déjà réalisé Les Sept Œuvres de miséricorde pour la confraternité de Pio Monte della Misericordia.

Tommaso appartient à une maison noble d’origine génoise qui a fait fortune à Naples grâce à Vincenzo de’ Franchis, président du Sacro regio consiglio (conseil royal). Certains de ses enfants sont au service de la cour espagnole, d’autres ont entrepris une carrière ecclésiastique, tandis que deux autres, Lorenzo et Girolamo, semblent avoir fait partie du gouvernement du Pio Monte della Misericordia. C’est probablement grâce à cette fonction que la famille entre en contact avec la peinture du Caravage[2].

Les notes de paiement remontent au 11 mai 1607, date à laquelle une somme égale à 100 ducats est remise par Tommaso de’ Franchis pour la création d’un tableau (non précisé), contre une dépense totale convenue entre les parties s’élevant à 250 ducats. Le 28 mai suivant, un nouveau versement est effectué au peintre d’un peu plus de 40 ducats, qui se réfèrent probablement toujours au même tableau. On ne sait donc pas si ces deux paiements ont eu lieu à titre de solde ou d’avance pour l’œuvre, facteur pertinent puisque si la première hypothèse est vérifiée, la datation du tableau serait imputable au premier séjour napolitain du peintre lombard (1606-1607), comme le pensent la majorité des critiques modernes, tandis que si la seconde était vérifiée (comme le prétendait Roberto Longhi), il faudrait déplacer la datation au deuxième séjour napolitain (1610)[5].

La toile est commencée en mai-juin 1607, et possiblement retravaillée par Caravage en septembre-octobre 1609, puis en juin-juillet 1610[6] comme le démontrent les nombreux repentirs.

Une fois terminée, la toile est placée sur le maître-autel de la chapelle. En 1632, les de’ Franchis achètent la première chapelle à gauche de l’église, la Capella della Flagellazione del Signore qui appartenait autrefois à la famille Spinelli de Taviano, et financent d’importants travaux de rénovation du lieu qui durent au moins jusqu’en 1652[5]. Au cours de cette période, le tableau est donc probablement déplacé ailleurs, sans doute dans le palais familial de la ville, car les sources anciennes ne mentionnent jamais la toile, qui n’est signalée qu’en 1672 lorsque Giovanni Pietro Bellori la voit sur place et l’enregistre parmi les premières peintures réalisées par Le Caravage une fois arrivé à Naples[2]. Carlo de Lellis, dans son Napoli Sacra de 1654, mais certainement écrit avant l’année de publication, décrit la nouvelle chapelle des Franchis en parlant exclusivement des marbres et des inscriptions présentes, tandis que le tableau ne trouve d’éloges que dans l’ouvrage réalisé plus tard (dans une période antérieure à 1684), où il le décrit comme « … la plus belle œuvre que cet illustre peintre ait jamais réalisée »[7].

En 1675, la Flagellation est documentée sur un mur latéral de la chapelle ; une statuette en bois de la Madonna del Rosario de Pietro Cesaro est installée à sa place à la demande des pères dominicains. Elle est ensuite déplacée de chapelle en chapelle, d’abord dans l’aile droite dédiée à saint Antoine Abbé entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, puis dans celle de saint Stéphane au milieu du XVIIIe siècle, et ensuite, au XXe siècle, dans celle du Rosaire, respectivement le deuxième et le premier du mur de l’abside gauche, toujours dans l’église San Domenico Maggiore, sans jamais trouver de lieu définitif. Au milieu du XVIIIe siècle, Bernardo de Dominici décrit l’œuvre de la manière suivante : « … nouvelle manière de cette terrible façon d’ombrager, la vérité de ces nus, la lumière ressentie sans beaucoup de reflets, firent rester surpris, non seulement les amateurs mais les professeurs très moyens en bonne partie…  »[2].

Après une troisième tentative de vol en 1972, la Flagellation est transportée pour des raisons de sécurité au musée de Capodimonte, où elle se trouve toujours, devenant le seul Caravage des collections. Elle est conservée au deuxième étage dans une salle dédiée où elle apparait seule[8]. La propriété légale de l’œuvre reste la propriété du FEC (Ministère de l’Intérieur)[9].

Figure du Christ utilisé pour le timbre Europa de 1975.

Le détail de la figure du Christ a été utilisé pour un timbre postal de 100 lires émis par la Poste Italiane le 29 avril 1975 dans le cadre du vingtième numéro de la série Europa[10].

Devant le succès de ce tableau, une nouvelle « Flagellation du Christ », commandée par le clergé local, est réalisée à La Valette (Malte) en 1608[réf. nécessaire].

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