Image d’en-tête : Décor peint d’une maison kassena, cour royale de Tiébélé, Burkina Faso (Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)
L’art au Burkina Faso : masques bwa, maisons peintes et Fespaco
Le « pays des hommes intègres » est l’un des grands foyers des arts du masque en Afrique. Les Bwa, les Mossi, les Lobi et les Kassena ont créé des masques, des statues et des architectures peintes d’une grande force. Capitale du cinéma africain grâce au FESPACO, le Burkina Faso accueille aussi le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), l’un des plus grands d’Afrique.

Les masques bwa
Les Bwa sculptent de grands masques-planches pouvant atteindre plusieurs mètres de haut, peints de motifs géométriques noirs, blancs et rouges : chacun représente un esprit de la nature (papillon, serpent, calao, buffle). Ils dansent lors des funérailles, des initiations et des fêtes agricoles, accompagnés de flûtes et de tambours.
Les Mossi et les Lobi

Les Mossi, peuple majoritaire du pays, fondateurs des royaumes de Ouagadougou et de Yatenga, sculptent des masques karanga surmontés de hautes planches ou de figures féminines. Les Lobi, au sud-ouest, sculptent des statues (bateba) aux attitudes expressives (bras levés, mains sur la tête) qui protègent les autels domestiques.
Les statues lobi

Les bateba lobi sont des figures d’esprits. Selon leur attitude, ils ont un rôle précis : le bateba aux bras écartés barre la route au malheur, celui qui pleure prend sur lui le chagrin de son propriétaire. Leur sculpture, à la fois stylisée et expressive, a fasciné les collectionneurs du XXe siècle.
Tiébélé et Loropéni

À Tiébélé, près de la frontière du Ghana, les femmes kassena décorent les murs des maisons de la cour royale de motifs géométriques et symboliques peints en rouge, noir et blanc, renouvelés régulièrement : un art architectural unique. Au sud-ouest, les ruines de pierre de Loropéni, liées au commerce de l’or, ont été inscrites au patrimoine mondial en 2009.
L’art contemporain et le cinéma
Depuis 1969, Ouagadougou accueille le Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco), qui fait du Burkina la capitale du cinéma africain. Les bronziers de Ouagadougou perpétuent la fonte à la cire perdue, et des artistes comme le sculpteur Siriki Ky et l’architecte Francis Kéré, prix Pritzker 2022, ont acquis une renommée internationale.
Les grands artistes
- Les sculpteurs de masques bwa
- Les sculpteurs mossi
- Les sculpteurs lobi
- Les décoratrices kassena de Tiébélé
- Siriki Ky (né en 1953)
- Diébédo Francis Kéré (né en 1965), architecte
Chronologie
- XIe-XIXe s. — Ruines de Loropéni
- XVe siècle — Royaumes mossi
- 1960 — Indépendance de la Haute-Volta
- 1969 — Premier Fespaco
- 1984 — La Haute-Volta devient le Burkina Faso
- 2009 — Loropéni au patrimoine mondial
- 2022 — Francis Kéré, prix Pritzker
Galerie





À voir
- Les masques bwa (vidéos YouTube)
- Tiébélé, les maisons peintes (vidéos YouTube)
- Le Fespaco (vidéos YouTube)
Pour aller plus loin en ligne
Pour aller plus loin
- Christopher Roy, Art of the Upper Volta Rivers, 1987.
- Piet Meyer, Kunst und Religion der Lobi, 1981.
- Voir aussi Chronologie des mouvements artistiques, Afrique de l’Ouest, La Peinture Africaine et Les Arts.