L’Iran entre dans l’histoire avec le royaume élamite, successeur de la période proto-élamite (dont l’écriture n’est toujours pas comprise), qui atteste d’une très grande longévité, puisque c’est une puissance notable de la fin du IIIe millénaire, jusqu’au milieu du Ier millénaire, quand son héritage est repris par l’Empire perse naissant. Le royaume élamite est centré sur les villes d’Anshan (Tell-e Malyan) dans le Fars, en pays proprement élamite, et Suse, qui est à la jonction entre les zones élamite et mésopotamienne, et sert de lien entre les deux. Ses souverains ont laissé des inscriptions dans les langues mésopotamiennes (sumérien et akkadien, écrits cunéiformes), mais ils ont aussi adapté l’écriture cunéiforme à leur langue dès le XXIVe siècle av. J.-C. au moins. L’apogée de ce royaume est le IIe millénaire av. J.-C., notamment aux XVIIIe et XIIe siècles av. J.-C., quand certains de ses rois réussissent à dominer temporairement la Mésopotamie (nominalement ou effectivement)[6]. D’autres royaumes iraniens sont connus par les sources mésopotamiennes, en plus d’Aratta mentionnée plus haut : Awan, Simashki, et Zabshali[7], liés à l’Élam, Hamazi dans le Zagros occidental et Marhashi, situé plus à l’est.
C’est au cours du IIe millénaire av. J.-C. (la date précise est encore débattue) qu’arrivent sur le plateau iranien divers peuples, provenant d’Asie centrale. Ces peuples iraniens parlaient une variété de dialectes du vieux-perse, une des langues iraniennes appartenant à la famille des langues indo-européennes, apparentées à l’avestique et au sanskrit védique.
Au milieu du VIIe siècle av. J.-C., un groupe de tribus iraniennes identifiées comme les Mèdes, établis au nord et au nord-ouest de l’Iran, se libère du joug assyrien et établit son pouvoir sur la région. À la fin de ce même siècle, les Mèdes, alliés aux Babyloniens, se libèrent définitivement du pouvoir assyrien en prenant Ninive en 612 av. J.-C.[8]. C’est à la même période qu’apparaissent les premières sources mentionnant le Perse Cyrus Ier, roi d’Anshan, petit-fils d’Achéménès, fondateur de la dynastie des Achéménides.
C’est donc un autre peuple iranien, les Perses, installé à la fin du IIe millénaire av. J.-C. dans le territoire du Pars (autour de l’actuelle Shiraz), qui donne naissance au premier vrai empire iranien en 559 av. J.-C., celui des Achéménides.