Périodes savoyarde et Habsbourg (1713-1735)
En 1700, la mort de Charles II d’Espagne sans descendance légitime déclenche la guerre de Succession d’Espagne. À l’issue de celle-ci en 1713, les traités d’Utrecht attribuent la Sicile au duc de Savoie Victor-Amédée II et Naples à l’empereur Charles VI. Ce gain territorial permet à Victor-Amédée II d’accéder au titre de roi, et il inaugure son règne en visitant l’île pendant un an avant de retourner dans sa capitale, Turin, où son fils Victor-Amédée avait exercé la régence en tant que prince du Piémont. En Espagne, les conséquences de la guerre ne sont pas acceptées et la guerre de la Quadruple-Alliance est déclenchée. En 1718, les Espagnols reprennent la Sicile et n’en sont chassés que grâce à l’aide de la coalition alliée. Lorsqu’il devint évident que la Savoie ne serait pas capable de défendre un territoire aussi lointain du sien que la Sicile, l’Autriche lui imposa d’échanger la Sicile contre le royaume de Sardaigne par le traité de Londres. La Sicile étant alors un pays riche peuplé par plus d’un million d’habitants contrairement à la Sardaigne qui était très pauvre et faiblement peuplée (quelques centaines de milliers d’habitants), le roi protesta contre cette décision mais n’était pas en position de s’opposer à son « alliée » qui venait tout juste de sauver son royaume. L’échange sera effectif en 1720 lors de la paix de La Haye par laquelle l’Espagne s’admettra vaincue. La Sicile rejoint alors les possessions des Habsbourg d’Autriche qui règnent déjà sur Naples. De son côté, Victor-Amédée de Savoie ne renoncera définitivement à ses prétentions royales sur la Sicile et tous ses titres subsidiaires (roi de Chypre et de Jérusalem) que trois ans plus tard, en 1723.