Image d’en-tête : La Grande Mosquée de Djenné, reconstruite en 1907, patrimoine mondial de l’UNESCO (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)
L’art au Mali : Djenné, Tombouctou et les Dogon
Héritier des grands empires du Ghana, du Mali et songhaï, le Mali possède un patrimoine artistique exceptionnel : les terres cuites de Djenné, l’architecture de terre de sa Grande Mosquée, les manuscrits de Tombouctou, et l’art des Dogon et des Bambara, dont les masques et les statues ont fasciné Picasso et les surréalistes.
Les terres cuites de Djenné
Entre le XIIe et le XVIe siècle, autour de Djenné-Djeno, la plus ancienne ville d’Afrique de l’Ouest, des artistes modèlent des statuettes en terre cuite : personnages assis ou agenouillés, cavaliers, mères, aux visages expressifs. Leur pillage massif à partir des années 1970 a conduit le Mali à interdire leur exportation.
Tombouctou et ses manuscrits

Au XVe et au XVIe siècle, Tombouctou est l’un des grands centres intellectuels du monde musulman, avec sa mosquée de Djingareyber et l’université de Sankoré. Ses familles conservent des centaines de milliers de manuscrits (théologie, droit, astronomie, mathématiques, médecine, poésie), aux calligraphies et enluminures remarquables. En 2012-2013, des bibliothécaires ont sauvé la plupart d’entre eux des groupes armés en les évacuant clandestinement vers Bamako.
L’art dogon

Installés depuis le XVe siècle sur les falaises de Bandiagara, les Dogon ont développé une cosmologie complexe, étudiée par l’ethnologue Marcel Griaule. Leurs masques (Kanaga, à la croix surmontée de deux barres, Sirige, haut de plusieurs mètres) sont dansés lors des funérailles et de la grande fête du Sigui, célébrée tous les soixante ans. Leurs statues, d’une stylisation puissante, et leurs portes de greniers sculptées sont parmi les chefs-d’œuvre de l’art africain.
Le pays dogon

Les villages dogon, accrochés au pied de la falaise de Bandiagara, avec leurs greniers à toits de chaume et leurs maisons de terre, forment un paysage culturel inscrit au patrimoine mondial depuis 1989.
Le Chiwara bambara et l’art contemporain
Les Bambara (Bamana) sculptent les célèbres cimiers Chiwara, antilopes stylisées dansées lors des travaux agricoles en l’honneur de l’être mythique qui enseigna l’agriculture aux hommes. Au XXe siècle, le Mali a donné de grands photographes, Seydou Keïta et Malick Sidibé, et des artistes comme Abdoulaye Konaté. Ces œuvres ne sont pas encore dans le domaine public.
Les grands artistes
- Les sculpteurs de Djenné (XIIe-XVIe siècle)
- Les copistes et enlumineurs de Tombouctou
- Les sculpteurs dogon
- Les sculpteurs bambara
- Seydou Keïta (1921-2001), photographe
- Malick Sidibé (1936-2016), photographe
- Abdoulaye Konaté (né en 1953)
Chronologie
- IIIe s. av. J.-C. — Fondation de Djenné-Djeno
- 1324 — Pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque
- XIIe-XVIe s. — Terres cuites de Djenné
- XVe-XVIe s. — Âge d’or de Tombouctou
- 1907 — Reconstruction de la Grande Mosquée de Djenné
- 1931 — Mission Dakar-Djibouti chez les Dogon
- 1960 — Indépendance du Mali
- 1988-1989 — Djenné, Tombouctou et Bandiagara au patrimoine mondial
- 2012-2013 — Sauvetage des manuscrits de Tombouctou
Galerie





À voir
- La Grande Mosquée de Djenné (vidéos YouTube)
- Les manuscrits de Tombouctou (vidéos YouTube)
- Les masques dogon (vidéos YouTube)
Pour aller plus loin en ligne
Pour aller plus loin
- Marcel Griaule, Dieu d’eau, 1948.
- Bernard de Grunne, Terres cuites anciennes de l’Ouest africain, 1980.
- Jean-Michel Djian, Les Manuscrits de Tombouctou, 2012.
- Voir aussi Chronologie des mouvements artistiques, Afrique de l’Ouest, La Peinture Africaine et Les Arts.