Orazio Puglisi

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Bénin

Image d’en-tête : Les palais royaux d’Abomey, patrimoine mondial de l’UNESCO (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 igo)

L’art au Bénin : le royaume du Danhomè

Le Bénin actuel fut le cœur du puissant royaume du Danhomè (Dahomey), qui régna du XVIIe siècle à 1894 depuis sa capitale, Abomey. Ses rois furent de grands commanditaires d’œuvres d’art : bas-reliefs de terre peinte racontant leurs hauts faits, trônes, récades, statues de bois et de métal, tentures appliquées. Le pays est aussi le berceau du culte vodun, qui a inspiré une sculpture rituelle puissante.

Entrée du palais d'Abomey
Entrée principale (honuwa) d’un palais royal d’Abomey (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Les palais royaux d’Abomey

Chacun des douze rois du Danhomè fit construire son propre palais à Abomey. Leurs murs de terre sont ornés de bas-reliefs polychromes : animaux et symboles évoquant les devises des rois (le requin de Béhanzin, le lion de Glèlè, le buffle de Guézo), scènes de batailles. Inscrits au patrimoine mondial en 1985, ils abritent aujourd’hui un musée.

La statue de l’homme-requin

Statue de l'homme-requin
Statue du roi Béhanzin en homme-requin, sculpteur Sossa Dede, vers 1890 (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

En 1892, lors de la conquête française, le roi Béhanzin incendie Abomey. Les troupes du général Dodds emportent de nombreuses œuvres, dont trois grandes statues royales mi-hommes mi-animaux représentant les rois Ghézo, Glèlè et Béhanzin (l’homme-requin), ainsi que les portes du palais et des trônes. En 2021, la France a restitué au Bénin vingt-six de ces œuvres, désormais présentées à Cotonou puis à Abomey.

Vodun et bocio

Bocio
Figure de pouvoir bocio, Fon (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Le Bénin est le berceau du vodun (vaudou), religion qui a traversé l’Atlantique avec la traite des esclaves. Les bocio, figures de pouvoir en bois chargées de matériaux magiques, protègent les individus et les villages. La grande statue du dieu Gou, dieu du fer et de la guerre, faite de pièces de métal de récupération, est aujourd’hui au Louvre (pavillon des Sessions).

Ouidah et la mémoire de l’esclavage

Porte du non-retour, Ouidah
La Porte du non-retour, Ouidah, 1995 (Wikimedia Commons, CC0)

Le port de Ouidah fut l’un des principaux lieux de départ de la traite atlantique. La Porte du non-retour, monument érigé en 1995 sur la plage, rend hommage aux millions de déportés. La ville accueille chaque année la fête du vodun, le 10 janvier.

Les grands artistes

  • Les artistes de la cour d’Abomey (forgerons, sculpteurs, tisserands)
  • Sossa Dede (XIXe siècle), sculpteur royal
  • Akati Ekplékendo (XIXe siècle), forgeron, auteur de la statue de Gou
  • Romuald Hazoumè (né en 1962)
  • Dominique Zinkpè (né en 1969)

Chronologie

  • vers 1625 — Fondation du royaume du Danhomè
  • 1818-1858 — Règne de Guézo
  • 1858-1889 — Règne de Glèlè
  • 1892-1894 — Conquête française, incendie d’Abomey
  • 1960 — Indépendance du Dahomey
  • 1985 — Palais royaux d’Abomey au patrimoine mondial
  • 2021 — Restitution de 26 œuvres par la France

Galerie

Palais d'Abomey
Palais royal d’Abomey (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 igo)
Palais d'Abomey
Entrée d’un palais d’Abomey (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)
Bocio
Statuette bocio, Fon, XXe siècle (Wikimedia Commons, CC BY 3.0)
Bocio
Figure de pouvoir bocio, détail (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)
Ouidah
L’esplanade de la Porte du non-retour (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

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