Image mise en avant : Noli me tangere du Corrège vers 1525.
La collection de peinture italienne est la seconde collection du musée, même si elle est relativement pauvre en œuvres antérieures au XVIe siècle. Les œuvres du Trecento sont peu nombreuses et circonscrites à des auteurs mineurs, comme Giovanni del Ponte. La peinture du Quattrocento ne présente également qu’un panorama limité, mais comprend quelques chefs-d’œuvre tels que le Retable de l’Annonciation de Fra Angelico, La Mort de la Vierge de Mantegna, les L’Histoire de Nastagio degli Onesti de Botticelli ou le magnifique Le Christ mort soutenu par un ange de Antonello da Messina.

Noli me tangere du Corrège vers 1525.
Mais c’est à partir du XVIe siècle que la collection italienne du Prado prend toute sa dimension avec neuf œuvres majeures de Raphaël (dont La Vierge à la rose, Portrait d’un cardinal ou Lo Pasmo di Sicilia). Parmi les autres grands noms de la renaissance italienne, on trouve Sebastiano del Piombo, Le Corrège, Andrea del Sarto et Federico Barocci, auteur situé à la transition du maniérisme, lui-même bien représenté par des œuvres de Parmigianino, Bronzino ou Francesco Salviati. La peinture vénitienne du XVIe siècle mérite une mention particulière, avec un fonds qui en fait la première collection hors de l’Italie. L’artiste principal de l’école vénitienne, Titien, était le peintre favori de Charles Quint et de Philippe II d’Espagne pour lesquels il a réalisé certaines de ses œuvres majeures, comme le Charles Quint à la bataille de Mühlberg ou la Danaé. Le Tintoret, Paul Véronèse, Lorenzo Lotto, les Bassano et quelques précurseurs comme Vincenzo Catena sont également représentés.
La peinture baroque italienne est certainement l’un des principaux centres d’intérêt des collections du Prado par la variété des artistes et la qualité des œuvres qui peuvent être admirées. Les deux grandes tendances picturales de l’époque, le ténébrisme et le classicisme bolonais, sont représentées. Pour la première, la collection offre une palette complète depuis Le Caravage (David et Goliath) jusqu’à ses successeurs, comme Orazio Gentileschi (Moïse sauvé des eaux), sa fille Artemisia Gentileschi, Giovanni Battista Caracciolo ou Bernardo Cavallino. Les œuvres du classicisme bolonais sont également très fournies, avec des œuvres de Annibale Carracci (Vénus et Adonis, L’Assomption de Marie), Domenico Zampieri, Guido Reni (Hippomène et Atalante), Guercino, ou Giovanni Lanfranco. On trouve aussi des représentants de l’école baroque décorative avec Pietro da Cortona et Luca Giordano, qui a travaillé en Espagne pour le roi Charles II d’Espagne. À ces grands noms du baroque, il faut ajouter des auteurs moins connus, comme Francesco Furini, Salvatore Rosa, Orazio Borgianni, Mattia Preti ou Alessandro Magnasco. La figure de Giovanni Battista Tiepolo (avec sa fameuse Immaculée Conception) clôt ce survol de la collection italienne du Prado, aux côtés d’autres artistes venus en Espagne pour décorer le palais royal de Madrid, comme son fils Giandomenico Tiepolo et Corrado Giaquinto.
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La Mort de la Vierge, Andrea Mantegna, vers 1462.
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Philippe II, Sofonisba Anguissola, 1565-1573.
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Dame montrant sa poitrine, Domenico Tintoretto, 1580-1590.
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David et Goliath, Le Caravage, vers 1600.